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DUERP et travail en hauteur : évaluer le risque de chute 🪜

Comment évaluer le risque de chute de hauteur dans votre DUERP : obligation, hiérarchie des protections, garde-corps, harnais, échelles et prévention.

✅ Ce qu'il faut retenir

  • Le risque de chute de hauteur doit être évalué et inscrit dans votre DUERP au titre de l'obligation générale de sécurité (article L.4121-1 du Code du travail).
  • La loi ne fixe aucun seuil de hauteur : c'est à vous de rechercher l'existence d'un risque de chute lors de votre évaluation (INRS).
  • Les chutes de hauteur sont la deuxième cause de décès au travail après le risque routier, et le secteur du BTP est le plus touché (INRS).
  • La réglementation impose une priorité à la protection collective (garde-corps) avant la protection individuelle (harnais antichute), selon les articles R.4323-58 et suivants.
  • Les échelles et escabeaux sont interdits comme poste de travail, sauf impossibilité technique ou travaux de courte durée non répétitifs (article R.4323-63).

Pour la démarche complète, suivez notre guide pour faire un DUERP étape par étape, ou partez d'un modèle de DUERP pour le BTP.

🪜 Qu'appelle-t-on travail en hauteur ?

C'est une surprise pour beaucoup d'employeurs : le Code du travail ne donne aucune définition chiffrée du travail en hauteur. Il n'existe pas de seuil légal (ni 2 mètres, ni 3 mètres) au-delà duquel les obligations se déclencheraient. L'INRS le rappelle clairement : c'est à l'employeur de rechercher l'existence d'un risque de chute lors de l'évaluation des risques.

Concrètement, un risque de chute de hauteur existe dès qu'un salarié travaille en surélévation ou à proximité d'une dénivellation : toiture, charpente, échelle, échafaudage, plateforme, mezzanine, quai de chargement, fosse, escalier, trémie. Une chute de faible hauteur peut suffire à provoquer des lésions graves.

📌 Bon à savoir

Le travail en hauteur ne concerne pas que le BTP. Un commerçant qui monte sur un escabeau pour un réassort, un agent d'entretien sur un marchepied, un magasinier sur une mezzanine : tous sont exposés. Le risque doit être évalué au cas par cas, poste par poste.

📊 Un risque parmi les plus graves

Les chiffres justifient l'attention portée à ce risque. Selon l'INRS, en 2019, les chutes de hauteur représentaient environ 11 % des accidents du travail ayant entraîné au moins quatre jours d'arrêt. Surtout, elles constituent la deuxième cause de décès au travail, juste derrière le risque routier.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics enregistre la proportion et la gravité les plus élevées, mais les électriciens de réseaux, les techniciens de maintenance, les couvreurs, les agents d'entretien et les professionnels du spectacle sont également très exposés.

Une chute de hauteur n'est jamais anodine : elle est la deuxième cause de mort au travail en France.

📌 En résumé

  • Le risque de chute figure parmi les plus mortels : il mérite une place explicite dans votre DUERP.
  • Ne réservez pas ce risque au BTP : évaluez-le dès qu'un poste implique une surélévation.

⚖️ La hiérarchie des protections : le collectif avant l'individuel

La réglementation impose une logique de priorité que vous devez respecter et tracer dans votre DUERP. L'employeur doit d'abord privilégier les mesures de protection collective, c'est-à-dire celles qui protègent tout le monde sans action de la personne (article R.4323-58).

Le garde-corps est la solution de référence. L'article R.4323-59 précise qu'il doit être rigide, d'une résistance appropriée et fixé de manière sûre. La protection individuelle, comme le harnais antichute, n'intervient qu'en second recours, lorsque la protection collective est techniquement impossible (article R.4323-61).

⚖️ Ordre de priorité des protections contre les chutes
PrioritéType de protectionExemples
1. ÉviterSupprimer le travail en hauteurAssemblage au sol, perche télescopique, drone d'inspection
2. Protection collective (R.4323-59)Protéger tout le monde en permanenceGarde-corps, filets, plateformes sécurisées
3. Protection individuelle (R.4323-61)Uniquement si le collectif est impossibleHarnais antichute, ligne de vie, point d'ancrage
⚠️ Attention

Équiper directement vos salariés d'un harnais sans avoir cherché une protection collective est une erreur fréquente. En cas de contrôle ou d'accident, l'inspection du travail vérifiera que vous avez bien respecté cet ordre de priorité. Documentez ce choix dans votre évaluation des risques.

🪜 Échelles et escabeaux : ce que la loi autorise vraiment

C'est un point souvent mal connu. En principe, il est interdit d'utiliser une échelle, un escabeau ou un marchepied comme poste de travail (article R.4323-63). Ces équipements sont conçus pour accéder à un niveau, pas pour y travailler durablement.

La loi prévoit deux exceptions : lorsque l'utilisation d'un équipement plus sûr n'est pas justifiée en raison du faible risque et de la courte durée de l'intervention, ou en cas d'impossibilité technique. Une intervention rapide et ponctuelle peut donc rester permise, mais elle doit être justifiée.

💡 En pratique

Remplacer une ampoule sur un escabeau stable pendant deux minutes reste acceptable. Repeindre un plafond pendant plusieurs heures depuis une échelle ne l'est pas : il faut une plateforme individuelle roulante (PIR) ou un échafaudage. Dans votre DUERP, précisez pour chaque tâche l'équipement retenu.

🏗️ Échafaudages, nacelles et conditions météo

Lorsque le travail en hauteur dure ou se répète, les équipements de type échafaudage ou plateforme élévatrice mobile de personnes (PEMP, ou nacelle) deviennent la bonne réponse. Leur montage, leur utilisation et leur vérification obéissent à des règles précises et supposent du personnel formé.

Les conditions météorologiques comptent aussi. L'article R.4323-68 interdit le travail en hauteur lorsque les conditions météorologiques ou liées à l'environnement sont susceptibles de compromettre la sécurité des travailleurs, en particulier par vent fort. Ce point doit apparaître dans vos consignes.

📌 Bon à savoir

Les équipements de travail en hauteur relèvent des vérifications périodiques obligatoires. Échafaudages et nacelles doivent être contrôlés régulièrement par une personne compétente, et les rapports conservés.

📌 En résumé

  • Au-delà d'une intervention brève, privilégiez échafaudage ou nacelle plutôt qu'une échelle.
  • Interdisez le travail en hauteur par vent fort ou intempéries, et écrivez-le dans vos consignes.

📝 Comment l'intégrer dans votre DUERP

Le risque de chute de hauteur s'inscrit dans votre document unique, poste par poste. La marche à suivre :

  • Repérez les situations en hauteur et rattachez-les à vos unités de travail (toiture, atelier, quai, réserve...).
  • Décrivez l'exposition réelle : nature de la tâche, hauteur approximative, fréquence, équipement utilisé.
  • Cotez le risque selon votre méthode et hiérarchisez les postes les plus exposés.
  • Associez des mesures en respectant l'ordre : éviter, protection collective, puis protection individuelle.
  • Planifiez et tracez les formations (montage d'échafaudage, port du harnais) et les vérifications dans votre plan d'action.

Pour voir comment ces mesures s'organisent, parcourez nos modèles pour le BTP ou l'électricité du bâtiment. Un logiciel DUERP vous aide à relier chaque poste à ses mesures et à suivre les formations et vérifications.

📌 En résumé

  • Un seul DUERP : décrivez le risque de chute au niveau de chaque unité de travail concernée.
  • Reliez chaque poste exposé à des mesures datées, à un responsable et à des formations tracées.

❓ Questions fréquentes

À partir de quelle hauteur parle-t-on de travail en hauteur ?

Il n'existe pas de seuil légal. Le Code du travail ne fixe aucune hauteur minimale. C'est à l'employeur de rechercher l'existence d'un risque de chute lors de l'évaluation, quelle que soit la hauteur.

Le garde-corps est-il obligatoire ?

La loi impose de privilégier la protection collective avant la protection individuelle (article R.4323-58). Le garde-corps en est la forme la plus courante. Le harnais n'intervient que si la protection collective est techniquement impossible.

Peut-on encore travailler sur une échelle ?

L'échelle est interdite comme poste de travail, sauf pour des interventions à faible risque et de courte durée, ou en cas d'impossibilité technique (article R.4323-63). Pour un travail durable, il faut une plateforme ou un échafaudage.

Faut-il une formation spécifique pour le travail en hauteur ?

Oui. Les salariés concernés doivent être informés et formés aux risques et à l'usage des équipements (harnais, échafaudage). Le montage et l'utilisation des échafaudages supposent des personnes compétentes désignées.

Que risque l'employeur en cas d'accident lié à une chute ?

Outre les sanctions pénales, l'absence de prévention peut conduire à la reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur, avec une réparation majorée pour la victime.

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